SAINT BARTHELEMY (24 AOÛT)

 

Page complétée le 27 septembre 2017

 

  

L'histoire et  la légende

 

Bartolu, Bartolomeo, Barthélémy, apôtre du Christ a connu des moments difficiles selon la légende…


Un problème d’identité d’abord … Quel est son vrai nom ? Bar Tolmaï fils de Tolmaï ou Ptolémée ? Ou encore l’apôtre Nathanaël si l’on en croit Saint Jean ? Pourtant, il ne joue aucun rôle ni dans les Evangiles ni dans les Actes des Apôtres.

 

Mais, toujours d’après la légende, cet originaire de Cana en Galilée, aurait évangélisé, au Ier siècle après la mort du Christ, l’Arabie, la Mésopotamie, voire l’Inde et l’Arménie.

 

C’est là que, selon le martyrologe romain, il aurait été écorché vif (vivus decoriatus), sur ordre du roi Astyage, furieux de ce qu’il avait converti au christianisme un grand nombre de ses sujets.


Du coup, le voilà confondu avec le personnage mythologique de Marsyas, un satyre que le cruel Apollon a fait écorcher vif, furieux que Marsyas, inventeur de la flûte à deux tuyaux, l’ait défié dans un concours musical présidé par les Muses et le roi Midas (celui des oreilles d'âne).

 

L'histoire est racontée par Ovide dans Les Métamorphoses.


 


  

QUASQUARA - Apollon écorchant Marsyas
QUASQUARA - Apollon écorchant Marsyas

 

 

 

Quel martyre original en plus ! Les hagiographes, comme Louis Réau (op.cit.p.180 sq)  le rappelle plaisamment, las des crucifixions et décollations, « optèrent pour un martyre moins banal et firent de Saint Barthélémy un Marsyas chrétien ».

 

On comprend pourquoi Barthélémy est devenu le patron des bouchers, des charcutiers et des corroyeurs. 

 

(En Italie d’ailleurs, on trouve des églises intitulées San Bartolomeo dei pizzicagnoli (des charcutiers) et dei vaccinari (des corroyeurs).

 

Il est aussi le patron des tailleurs, parce qu’il porte sa peau sur son bras, sur son épaule ou à la main, comme un simple manteau.


Saint guérisseur en plus, il est censé guérir les blessures et aider à la cicatrisation…C'est le cas en Corse où, d'après Mgr de la Foata, san Bartolu était invoqué contre la rougeole (u russetu) et la variole (u varghjolu).

 

Claire Tiévant et Lucie Desideri rappellent que les épidémies de variole sévirent jusqu'au XIXe s. en Corse et furent meurtrières, surtout en 1879 (Almanach corse, 1986).



L’iconographie



Dans les églises et sur les tableaux, il se présente avec sa peau ou le couteau  (parfois avec les deux) qui a servi à son martyre. Il peut porter aussi un livre (ce serait l’évangile selon St Mathieu).

 

 


 

 

Certaines œuvres poussent le réalisme à représenter le martyr comme un écorché.


D’ailleurs, les premières études d’Ecorché qui servaient de modèles dans les Académies de dessin étaient censées figurer Saint Barthélémy.


 


 

 

Saint Barthélémy - Duomo ( Milan)
Saint Barthélémy - Duomo ( Milan)

 

 

Son culte s’est répandu dans toute l’Europe. De nombreuses églises lui sont consacrées. Des reliques de l'apôtre sont préservées sous l'autel principal de la basilique Saint-Barthélémy-en-l'Île, sur l'île Tibérine, à Rome. 

 

De nombreuses communes portent son nom.


Même après sa mort le destin lui aura été cruel puisqu'on associe surtout son nom au terrible massacre de la Saint-Barthélémy …


 



SAN BARTOLU "U SCURTICATU" EN CORSE

 

 

Quelques  églises et chapelles lui sont dédiées.

 

A Monacia d'Orezza, pour la fête de Saint Barthélémy, une messe est célébrée à la chapelle située à 1h 30 du village. La statue du saint est sortie lors de la procession.

 

 

OCCHIATANA - Eglise Saint Barthélémy
OCCHIATANA - Eglise Saint Barthélémy
POZZO DI BRANDO - Eglise Saint Barthélémy
POZZO DI BRANDO - Eglise Saint Barthélémy
Monaccia d'Orezza - Chapelle Saint Barthélémy
Monaccia d'Orezza - Chapelle Saint Barthélémy

 

 

Des statues représentent le saint, le couteau de son "dépeçage" à la main, ou écorché vif ligoté à un tronc d'arbre.




 

 

 

Le tableau d'Occhiatana, ci-dessous, est attribué à Nicolao Castiglioni peintre d'origine corse né vers 1592.

 

Il illustre avec réalisme le supplice de Saint Barthélémy à qui un soldat commence à lacérer le bras droit tandis qu'un autre s'applique à lui lier les pieds à un tronc d'arbre.

 

 

 


 

 

 

On remarque dans les  photos suivantes les deux symboles de son martyre.

 

 


 

 

 

 

 

 

Ce médaillon, dans l'église Saint Pierre de Luri, est l'oeuvre du peintre Gaetano Leoni, élève de Paul-Baptiste Profizi auteur de nombreuses oeuvres en Corse.


 

 

Le tableau, ci-dessous, très abîmé, visible à Parata en Castagniccia, représente la Vierge dans les nuées, couronnée par des anges.

 

 

 

 

A droite, Saint Gavin en soldat romain, saint Blaise ou saint Martin.  Au centre un personnage qui pourrait être Barthélémy (couteau, lambeau) mais sans auréole. A l'extrême droite on distingue un joli visage mais de qui ?

 

Certains identifient la scène à la charité de Saint Martin.

 

 

Mais les représentations les plus spectaculaires du martyre de saint Barthélémy, avec sa peau sur le dos, se trouvent sur les fresques des chapelles romanes. Impossible de le manquer : il est rouge de son sang.

 

A Saint-Thomas de Pastoreccia à Castello-di-Rostino,

 

 


 

 

à Saint Michel de Castirla,

 

 


 

 

à Saint-Nicolas de Sermano,

 


 

 

à Saint-Pantaleon de Gavignano,

 

 


 

 

ou à Santa-Cristina de Valle-di-Campoloro,

 

 


Dans la chapelle San Quilico de Cambia, il figure tout habillé entre son ami l'apôtre Philippe et Simon :

 

 

De nombreux artistes ont glorifié Saint Barthélémy.  Voici quelques unes de leurs oeuvres glanées au fil de nos voyages.

 

 

Bibliographie

 

 

M.-E. Nigaglioni, Encyclopédie des peintres corses, op.cit.

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