CORSICA GENOVESE, l'exposition de Bastia 2016

 

Le Musée de Bastia expose jusqu'au 17 décembre 2016 plus de 200 oeuvres qui illustrent les liens qu'ont entretenus la Corse et Gênes pendant plus de 4 siècles : Corsica genovese.

 

 

 

 

 

Organisée par Sylvain Gregori, le directeur du musée, et l'historien Antoine-Marie Graziani, entre autres spécialistes, cette exposition nous en apprend beaucoup sur les difficultés, les heurs et malheurs de ces relations, mises en scène avec une richesse et une diversité de documents admirables.

 

Tableaux, statues, objets profanes et sacrés, documents authentiques, une trentaine de cartes géographiques ... et tant d'autres merveilles qui ont demandé plus d'un an aux organisateurs pour les réunir malgré les difficultés administratives et matérielles qu'on imagine.

 

Certains pourront lire sur ces cartes le nom ancien de leur village.

 

 

 

 

 

Les grands noms de l'histoire corse ont un visage : Sambucuccio d'Alando peint par P.M. Novellini, Pascal Paoli, Andrea Doria ...

 

 

 

 

 

Meubles (cabinets précieux, coffres cap-corsins), objets de la vie quotidienne (armes, piludu...), toute une série d'estampes et d'aquarelles nous parlent de nos ancêtres.

 

 

 

Nos recherches sur les édifices religieux de Corse ont trouvé du grain à moudre : tableaux prélevés dans les églises, statues et objets liturgiques,  sont placés dans leur contexte historique et religieux : l'Empreinte génoise dans la vie religieuse.

 

Commençons par  la Vierge Marie protectrice de Gênes depuis 1637 et bien sûr patronne de la  Corse depuis la consulte de 1735.  

 

 

 

La Madunetta de Bastia rappelle la dévotion des Ligures à Notre-Dame de Savone, la Vierge de Miséricorde apparue au pauvre Antonio Botta ( voir notre article Images de la peste).

 

 

Cette statue installée sur le môle du vieux-Port vers 1670 protégeait les marins et les pêcheurs. Mise à mal par les embruns et le sel, elle sera conservée au Musée et une copie la remplacera sur le môle.

 

 

 

 


 

 

Il y a aussi saint Georges, saint patron de Gênes, qui figure sous la forme d'une clé de voûte provenant sans doute du Palais des Gouverneurs.

 


 

 

La Sainte face d'Edesse

 

 

 

 

Les principales dévotions issues du Concile de Trente sont représentées : l'intercession en faveur des âmes du Purgatoire, la donation du rosaire.

 

 

 

 

 

 

La présence des donateurs nous montre les visages et les habits d'époque. Plus petits que les divinités évidemment, ils sont pourtant très bien caractérisés.

 

 

 

 

 

 

Un choix de tableaux et de sculptures nous familiarise avec l'Ecole génoise du XVIIe s.

 

 

 

Analysant quelques oeuvres de Domenico Piola (1624-1703), célèbre peintre génois du XVIIe s., un diaporama  met en évidence l'influence des modèles génois sur la peinture corse.

 

On distingue les trois registres : en bas le registre terrestre avec les âmes en souffrance ; dans le registre supérieur figure la Sainte Trinité et les saints qui intercèdent pour les Ames. Au milieu les anges tirent les âmes vers le haut.

 

 

 

 

Ces tableaux de 1679 commandés par Anton Nobile Mattei, un notable bastiais, ont été installés dans l'église St-Jean-Baptiste de Bastia.  

 

Dès 1680 ces oeuvres, notamment les Ames du Purgatoire, sont copiées par des artistes locaux (Casalta, Farinole ou Carli)  et ce durant tout le XVIIIè s.

 

On en dénombre plus de 40  à travers la Corse.

 

Rappelons l'excellent article de Michel-Edouard Nigaglioni et Pierre Curie sur les peintures italiennes à Bastia, qui inventorie et commente ces copies totales ou partielles (In situ, numéro spécial de septembre 2005).

 

 

 

 

Même chose pour Giuseppe Badaracco (1588-1657) célèbre peintre génois très estimé en Corse et souvent copié lui aussi.

 

 

 

 

 

 

 

Ce peintre est représenté dans l'exposition par le tableau de la Vierge à l'Enfant avec Saint Jean-Baptiste et Saint Laurent (Eglise Saint-Martin de Patrimonio.

 

 


 

 

Ne quittons pas cette exposition sans parler du retable de l'église Saint-Pierre de Guagno, école corse du XVIè siècle (1547), qui représente une Madonna al latte entre Saint Pierre et Saint Nicolas, avec les armes des commanditaires, la famille Fieschi, puissante famille génoise qui fit beaucoup pour les églises et les couvents de Corse.

 

 

 

 

Espérons que cette page incitera ceux qui le peuvent, à aller voir cette exposition avant la fin de l'année 2016 !